Dans la cour de récré de Cathy Quenard

Nous commençons l’année en couleurs!
Pastels, crayons de couleurs et peinture acrylique : Cathy Quenard saisit avec humour et délicatesse les saisons de l’enfance, et ses illustrations pour la jeunesse enchanteront nos murs tout le mois de janvier. D’ailleurs, vous connaissez déjà la belle illustration qu’elle a faite pour nos p’tits loups lecteurs.

Nous lui avons posé quelques questions, afin de mieux comprendre son travail.

BMBelco: Même quand tes illustrations ne sont pas spécifiquement pour la jeunesse, on y trouve toujours des thèmes et une douceur d’exécution qui nous ramènent à l’enfance. Il y a une spécificité à être illustratrice pour la jeunesse ?

Cathy Quenard: C’est vrai que, même lorsque je pense faire un dessin qui n’est pas spécialement destiné à la jeunesse, il rejoint d’une manière ou d’une autre le monde de l’enfance… C’est certainement parce que je me nourris moi-même volontiers de ce genre d’images, grâce à mon passé de bibliothécaire qui m’a ouvert les portes de ce monde merveilleux.

Mes images sont souvent qualifiées de calmes, douces, poétiques. Mais, connaissant l’extraordinaire diversité créative de l’édition jeunesse indépendante ces dernières années, je pense qu’il faut parfois plus, à nos bambins, que du calme et de la poésie : la richesse thématique et la variété artistique placent désormais la barre très haut, j’espère un jour avoir ce « supplément d’âme » qui me permettra de me hisser vers ces hauteurs ! En effet, un illustrateur a un éventail de sujets à traiter aussi varié que la maladie, la famille recomposée, les complexes… et il doit faire passer un message, parfois grave, en respectant l’intégrité de l’enfant : en ce sens, l’humour, la douceur, la complicité qui passent par son trait sont primordiaux pour accompagner l’enfant.

Je pense donc, en effet, que l’illustrateur « parle » autant à l’enfant que l’auteur, par sa technique et son style.

BMBelco: Tes illustrations sont nourries des petits bonheurs du quotidien. Tes enfants sont une grande source d’inspiration, ou bien tu te réfères davantage à ta propre enfance ?

Cathy Quenard: Mes enfants sont le point de départ. D’ailleurs, avant, à chaque fois que je dessinais une petite fille, un petit garçon, pour mes enfants, c’étaient toujours eux qui étaient mis en scène ! Encore aujourd’hui, ils se reconnaissent, lorsque je les inclus dans une scène.

Je ne me réfère pas à mon enfance, mais beaucoup à mes états d’âme : une série de personnages recroquevillés font référence à une période sombre de ma vie, une autre très colorée y fait suite…

Quant aux « petits bonheurs quotidiens », c’est mon sujet préféré : je suis très attachée à dépeindre des scènes paisibles et douces, intemporelles et modestes. J’aime me rapprocher du zen japonais et du bonheur trouvé dans l’introspection, la solitude, le labeur, la modestie. Lors d’un voyage au Japon j’ai rencontré le terme de « wabi sabi » qui signifie à peu près « la pauvreté, la solitude, l’érosion, la mélancolie ». Il s’agit de rencontrer la beauté dans l’inéluctable érosion du temps sur toutes les choses matérielles qui nous entourent. De ce point de vue, j’aime regarder la peinture japonaise, lire des auteurs japonais. Arriver à peindre ce genre d’état me rendra très heureuse.

BMBelcoTu as expérimenté la peinture acrylique, les crayons de couleur… A présent, tu es plutôt dans une période pastel. Tu as l’impression d’avoir enfin trouvé la technique qui  correspond le mieux à ton style, ou bien tu travailles par « cycles » ?

Cathy Quenard: Je trouve en effet que le pastel correspond bien à ce que j’ai envie de faire pour l’instant. Ses qualités me plaisent pour les raisons décrites ci-dessus, il m’impose du flou, de l’organique, j’aime le travailler avec les doigts. Et puis… j’aime bien faire « pas comme tout le monde ».

BMBelco: Et en ce moment, sur quoi est-ce tu travailles ?

Cathy Quenard: Depuis le mois de septembre, j’ai enchaîné trois expositions : deux à Fuveau, et celle-ci à Belcodène. Cela m’a permis d’aborder un côté inédit pour moi de l’illustration : la scénographie d’une exposition, et j’ai beaucoup appris sur la mise en scène des images.

Parallèlement, je travaille en binôme avec une auteure jeunesse sur un texte où il est question de jouer avec les feuilles mortes pendant la récréation : nous espérons que l’histoire trouvera son éditeur, et son public !

Je continue mes recherches au pastel, je m’intéresse aux motifs japonais. Je travaille à perfectionner mon style…

Merci Cathy.

Quant à vous, chers lecteurs, vous pouvez admirer les œuvres de Cathy à la bibliothèque, du 3 au 31 janvier, et suivre son actu sur son site et sur sa page facebook.

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